Quand télévision et service public font bon ménage
Demain soir, France 2, chaîne du service public, va consacrer au bas mot 5 heures d’antenne au résultat de l’élection présidentielle. L’information est certes importante. Mais en pratique, elle tient en 8 mots : Nicolas Sarkozy est réélu président de la république, ou François Hollande est réélu président de la république. Le reste ne sera que supputations inutiles, bavardages vains, analyses sans intérêts. Le tout à l’heure de grande écoute, coincé entre l’autosatisfaction affichée des vainqueurs et la rancœur des battus. Hier soir, c’est jusqu’à 22h25 que le téléspectateur public devait patienter pour pouvoir découvrir sur son petit écran CASH Investigation.
Derrière se ce titre ne se cache pas une nouvelle série policière venue d’outre-Atlantique. Mais un magazine d’investigation au cœur du monde des affaires. Un magazine qui sait appuyer là où ça fait mal. Un vrai magazine de service public. Qui, bien plus que faux débats stériles au soir d’une élection, mériterait d’être diffusé en première partie de soirée, afin d’être visible du plus grand nombre. Si vous avez raté le numéro d’hier soir, il est en ligne pendant 7 jours sur → www.pluzz.fr. Le premier reportage est consacré au greenwashing. Ce fameux verdissement environnemental des produits grâce à la pub et au marketing. Ca commence avec la bouteille « verte » de Volvic. Qui est parait-il d’origine végétale pour 20%. Ce que la pub Volvic ne dit pas, c’est qu’il s’agit de 20% de plastique végétal. Et ce qu’elle dit encore moins, c’est que ces 20% sont mesurés avec une règle inventée pour l’occasion par la marque. Une règle qui n’est connue de personne d’autre. Et reconnue par aucune autorité scientifique. Mesuré avec la norme internationale en vigueur, le taux de plastique d’origine végétal de la bouteille Volvic passe brutalement de 20 à seulement 10%.
Autre société, le Crédit Agricole, la « banque verte ». Qui emmène les journalistes du magazine sur une unité de méthanisation du lisier de porc en Bretagne. Mais le responsable du développement durable de la banque perd rapidement de sa superbe face aux questions concernant le financement par le Crédit Agricole de 2 super-centrales à charbon en Afrique, d’une centrale nucléaire sur une zone sismique en Inde, ou encore d’une plateforme pétrolière dans l’arctique, au large du Groenland, ou enfin de l’exploitation pétrolière des sables bitumineux en Alaska. Le Crédit Agricole est encore en première ligne, en compagnie d’une autre banque la Société Générale, lorsque le magazine aborde le sujet de l’ISR : l’investissement socialement responsable. Des placements accessibles à tous et qui sont censés garantir aux épargnants que leur argent est investi dans des sociétés prenant systématiquement en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Une garantie renforcée par le label Novethic, délivré par l’organisme éponyme, filiale de la caisse des dépôts et consignation. Embarras profond du responsable de ces fonds d’investissements pour les 2 banques quand Elise Lucey lui énumère – impossible qu’il n’ait pas été déjà au courant – la liste des entreprises « socialement et environnementalement responsables » de l’un de ses produits : 13 entreprise pétrolières, dont celle responsable de la marée noire dans le golf du Mexique, 1 entreprise d’armement, quelques entreprises dans l’industrie du nucléaire … etc.
Demain soir, une fois que vous aurez appris qui est élu président de la république, zappez donc sur → www.pluzz.fr et découvrez la suite de ce reportage qui vaut bien plus la peine que tout le blabla politico-journalistique qui vous sera servi jusqu’à tard dans la nuit.
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