Les peintres de la réalité poétique s’exposent au musée Faure jusqu’au 23 septembre
Jusqu’au 23 septembre, le musée Faure accueille le 3ème et dernier épisode d’une exposition-saga consacrée aux «peintres de la Réalité poétique». Avec des œuvres de Brianchon, Caillard, Cavaillès, Legueult, Limouse,Oudot, Planson, Terechkovitch.
Musée Faure
10 bd des Côtes à Aix-les-Bains
Tél. : 04 79 61 06 57
Permanences : Ouvert toute l’année de 10h00 à 12h00 et de 13h30 à 18h00
Fermé les mardis et jours fériés : 14/07/2012, 15/08/2012, 1/11/2012 et 11/11/2012).
Présentation de l’exposition
C’est la journaliste Gisèle d’Assailly, en publiant en 1949 chez son mari l’éditeur Julliard «Autour des peintres de la Réalité poétique», qui baptise de cette jolie appellation à priori antinomique un groupe de 8 amis peintres liés entre eux par les mêmes préoccupations artistiques. Au 1er rang, l’attachement à une transcription du réel directe, simple et sensitive, permettant à chacun de s’exprimer selon ses propres acquis et son propre sens poétique. Comme aboutissement, la figuration pleine de charme et de couleurs, laquelle, sans révolutionner une époque où fleurissent les abstractions de tout poil, marque cependant une vraie transition. Brianchon, Caillard, Cavaillès, Legueult, Limouse, Oudot, Planson et Terechkovitch, ont en commun le goût de la couleur et d’une formalité dans détour, dans la lignée des Nabis ou des Fauves, en particulier Bonnard, Dufy et Matisse. Paysages souvent non animés, natures mortes où éclate la couleur, et surtout portraits, en particulier féminins, sont les thèmes chers à ces artistes.
Tous ces peintres se sont connus dans les années 30, ont souvent partagé leurs ateliers, exposé au Salon des indépendants et à des manifestations communes, sont profondément naturalistes, étant bien en cela de leur époque, celle de Giono. Chacun a ses propres recettes picturales, et puise dans ses propres références, mais au total tous touchent de façon positive à tous les genres de la peinture. Ces «peintres du bonheur» (Lydia Harambourg) vont enchanter tout l’été les cimaises du musée Faure.
Les peintres de la Réalité poétique
Maurice BRIANCHON (1899-1979), fait un peu figure de chef spirituel du mouvement. Pur produit de l’École des arts décoratifs, il est le tenant dune figuration intimiste délicate, aux paysages étagés et silencieux, à des figures féminines presque oniriques, un peu à la manière de Bonnard. Très attiré par le monde du spectacle, il a parallèlement travaillé pour l’opéra et le théâtre, notamment avec ses amis Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud.
Christian CAILLARD (1899-1985), a beaucoup puisé dans ses voyages à travers le monde depuis le Maroc en 1927, jusqu’à l’Indochine, Bali, Tahiti…Dans son atelier montmartrois, son travail pictural est très architecturé, très émotionnel, avec une grande fascination pour la couleur et la lumière. Ses figures féminines sont particulièrement remarquables.
Jules CAVAILLES (1901-1977), déjà présent aux cimaises du musée Faure en 2009, cet artiste d’origine tarnaise a été très inspiré par Matisse et Bonnard. Son travail est totalement «commandé» par la couleur. Ses portraits féminins sont très beaux et très tendres, il joue avec les masses de couleur avec une grande virtuosité. Ses paysages, souvent de jardins, sont aussi très gais, pleins de bonhommie.
Raymond LEGUEULT (1898-1971) a lui aussi été formé à l’École des arts décoratifs, où il est entré à l’âge de 16 ans. Son art est très équilibré, il emploie une technique particulière, où il gratte les couleurs pour obtenir des superpositions de motifs colorés. Ses nus très sensuels, ses scènes intimes sont sans doute ses œuvres les plus abouties.
Roger LIMOUSE (1894-1990) est l’aîné du groupe. Il a lui aussi beaucoup voyagé et a ramené des portraits, des paysages et des natures mortes très pittoresques et colorés, dans lesquels l’émotion est directe, sans artifice, témoignant d’un tempérament très proche des Fauves.
Roland OUDOT (1897-1981) entre à 14 ans à l’École des arts décoratifs ; il a travaillé pour le théâtre, comme Brianchon, il est le plus lyrique du groupe, auteur de portraits graves et intériorisés, et de remarquables paysages peints dans tous les lieux qu’il affectionne, de l’Île de France à la Normandie, en passant par les Alpilles et Venise, et proche de l’esprit de Corot, par ses architectures colorées.
André PLANSON (1898-1981) est l’auteur de paysages très structurés, notamment des bords de sa Marne natale, mais aussi de très beaux portraits et nus féminins, tous empreints de pudeur. «Son art», écrit Lydia Harambourg, «est fait de réflexion et de solidité…à l’esprit bien français».
Kostia TERECHKOVITCH(1902-1978) s’est formé à la peinture aux Beaux-arts de Moscou, avant de s’installer en France en 1920, où il découvre l’impressionnisme. Il est un coloriste raffiné, excellant dans les tons juxtaposés, les traits colorés parfois légèrement détachés de la couleur elle-même. Ses portraits féminins en particulier sont tout à fait remarquables.
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