Et si on confiait la gestion des crèches aixoises à Monique Viollet ou à Rémi Perrier ?
Si l’on en croit nos lecteurs, qui reprennent les propos de l’adjoint aux affaires sociales de la mairie d’Aix-les-Bains, près de deux tiers des demandes de garde en crèche ne pourraient pas être satisfaites. La faute à un manque de moyens financiers. D’après ce même adjoint, « les collectivités ont de moins en moins de moyens pour financer ces structures ». Des collectivités sans moyens suffisants, au rang desquelles on compte donc Aix-les-Bains. Où l’argent ne semble pourtant pas manquer.
Il suffit pour s’en convaincre de voir les projets qui viennent d’être réalisés dans un passé proche, ou qui sont dans les cartons. 3 millions d’euros pour le sommet du Revard qui ne demandait rien à personne. 3 autres millions pour un restaurant désaffecté au sommet de la Chambotte. 7 à 8 millions pour le centre nautique, qui en a certes besoin, mais dont la mairie aixoise avait assuré en 2009 que sa rénovation ne couterait pas plus de 2 millions d’euros. Et encore 7 à 8 millions pour créer de toutes pièces un nouveau port à barques à l’embouchure du Tillet, aussi inutile que dispendieux. Si la plupart de ces projets sont portés par la CALB, il ne faut pas oublier que cette collectivité tire la majeure partie de ses recettes des poches des contribuables aixois. A la louche une bonne moitié. Autrement dit quand la CALB dépense 1 million d’euros, ce sont en fait les aixois qui en dépensent 500 000.
Rémi Perrier, l’homme de la situation
Puisqu’il est question de 500 000 euros, c’est l’occasion d’évoquer un homme dont la petite entreprise ne connait pas la crise. Voila plusieurs années que celle-ci réussit à percevoir chaque année près d’un demi million d’euros de l’office de tourisme d’Aix-les-Bains, en subventions et aides diverses. Tout ça pour un évènement qui ne dure que 3 jours et qui ne rapporte pas grand-chose à pas grand monde. Si ce n’est bien évidemment à l’intéressé et à ses associés.
Il parait donc assez sensé de confier la gestion des crèches à cet homme là, qui n’a à l’évidence aucune difficulté à trouver des financements publics. Pour les crèches aixoises, l’organisateur de Musilac est très certainement l’homme de la situation. Celui qui fera en sorte que la collectivité retrouve les moyens de financer l’accueil de ses bambins.
Ou alors Monique Viollet
Comme il est peu probable que Rémi Perrier s’intéresse au bien-être de leurs chères têtes blondes, lesquelles ne sont pas encore de bons clients de son festival pop-rock, les aixois pourraient peut-être s’adresser à Monique Viollet. Ca tombe bien, elle est conseillère municipale dans la majorité. En charge des jardins, de l’embellissement, du fleurissement et du jardin en mouvement de Mémard (sic). Elle est aussi vice-présidente de l’association qui est censée s’occuper du jardin de Mémard. Financièrement parlant, elle est certes moins performante que Rémi Perrier. Mais, outre 10 000 euros de subvention annuelle récurrente, elle a quand même réussi à dégoter 100 000 euros de subvention exceptionnelle pour faire intervenir des pelleteuses et autres bulldozers dans un lieu où il est parait-il question de laisser faire la nature. Voila un fait d’armes – on veut parler de l’obtention de ces financements – qui dénote quelques capacités à trouver de l’argent quand il parait qu’il n’y en pas pas. Pour sûr la conseillère au jardin en mouvement ferait un tabac si elle s’occupait aussi des crèches.
LA Solution ? Le partenariat public privé !
Mais pourquoi mettre des rustines quand on peut se payer une chambre à air toute neuve ? Les collectivités ont des difficultés à trouver des financements pour les crèches ? Que diable, elles n’ont qu’à faire appel aux financements privés. Et recourir à des contrats de partenariat public privé (PPP). Des contrats que d’aucuns, dont le député-maire d’Aix-les-Bains, parent de toutes les vertus. C’est d’ailleurs par le biais d’un de ces contrats que l’éclairage plus vraiment public de la ville est désormais géré. Et ce pour les 15 années à venir. D’après Dominique Dord, les PPP permettent aux collectivités de financer des investissements massifs sur une très courte période. Des réalisations qu’il juge comme hors de portée des moyens de la commune dans le cadre de financements classiques. Voila qui, a priori, colle parfaitement aux besoins d’Aix-les-Bains en matière de crèches. Il faudrait d’urgence en construire de nouvelles, mais la ville n’en n’aurait pas les moyens. Le PPP apparait donc d’évidence comme étant LA solution.
Seul petit problème, les crèches n’intéressent pas les grands groupes privés habitués des PPP. Et pour cause. Au travers des PPP, ces grands philanthropes recherchent en premier lieu une rentabilité à court terme, doublée de la garantie d’un revenu récurrent sur plusieurs années. Et autant des secteurs comme l’éclairage public ou l’eau sont à même de répondre à ces objectifs purement financiers, autant les crèches en sont à des années-lumière.
Pas de PPP donc pour offrir un toit aux bébés en mal de crèche. A moins peut-être que Mc Donald (ou un autre) n’obtienne l’exclusivité de la restauration. Il y a sûrement une piste à creuser.
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Un bon article comme souvent. A noter les initiatives de ce type qui du coup se développent sur les lieux de travail comme à Technolac : http://www.savoie-technolac.com/104-creche-bambilac.htm