La CALB augmente les tarifs des transports en commun sans toucher à ses projets pharaoniques
+11,8% sur les abonnements jeunes, +10,7% sur les abonnements adultes, ou encore +11,1% sur les carnets de 10 tickets. Pour les clients d’Ondéa, le réseau de transports en commun de la CALB, l’addition de la rentrée de septembre va être salée. Il s’agit parait-il de ne pas mettre en danger l’équilibre financier du budget transport de la CALB sans pour autant solliciter plus les contribuables. Une vision des choses très discutable.
Les contribuables vont mettre la main au porte-monnaie
Contrairement à ce qu’affirme la CALB, les contribuables vont bel et bien devoir mettre la main au porte-monnaie. En tout cas ceux qui utilisent, régulièrement ou occasionnellement les transports en commun. C’est-à-dire de plus en plus de personnes, si on en croit les bilans de Kéolis Aix-les-Bains, société délégataire du réseau Ondéa. En 2010, son chiffre d’affaires était de 3,5 millions d’euros. Il est passé à environ 4 M€ en 2011. Affirmer que ces nombreuses personnes, qui sont aussi des contribuables, ne vont pas devoir mettre la main à la poche, c’est vraiment les prendre pour des imbéciles.
Une hausse de la fiscalité qui aurait été dérisoire
D’après Frédéric Maillard, directeur de Kéolis Aix-les-Bains, la société exploitante du réseau Ondéa a du faire face à une hausse de 150 000 euros de ses charges en 2011. Dont plus de la moitié provenant de la hausse des prix du carburant. S’y ajoute en 2012 la baisse nette des recettes liée au passage de la TVA de 5,5 à 7%, la différence allant directement dans les caisses de l’Etat.
Il n’en demeure pas moins que si la CALB avait choisi de ne pas augmenter les tarifs, mais de financer cette hausse des charges par la fiscalité, cela ne serait traduit que par une hausse des impôts de moins de 3 euros par habitant. Soit moins d’un centime par jour et par habitant de la CALB. Une hausse dérisoire qui serait passée totalement inaperçue sur la feuille d’imposition des contribuables de l’agglomération. Ce choix d’augmenter les tarifs est à l’image de ce que le président de la CALB, Dominique Dord, pratique en tant que maire à Aix-les-Bains : ne pas augmenter les taux d’imposition, mais augmenter en parallèle tous les tarifs des services publics : cantines, stationnement, centre de loisirs. Au final, les contribuables paient deux fois. En 10 ans, les impôts locaux aixois ont augmenté de +54%, bien plus que l’augmentation moyenne constatée dans les villes de la même tranche de population qu’Aix-les-Bains. Quant aux tarifs des services publics, ils augmentent aussi. Par exemple de 40% en moyenne pour les tarifs de la cantine en 2009. Et pour bon nombre d’habitants du centre ville, l’extension de la zone de stationnement payant, entrée en vigueur également en 2009, s’est traduite par l’obligation de prendre un abonnement de 25 euros par mois et par véhicule. Soit 600 euros à l’année pour un couple avec deux voitures.
Quand elle le veut, la CALB ne regarde pas à la dépense
D’après les chiffres donnés par les responsables de la CALB et de Kéolis Aix-les-Bains, il faut donc trouver environ 150 000 euros de recettes annuelles supplémentaires. Impossible ? Pourtant, quand ils en décident autrement, les responsables de la CALB savent ne pas regarder à la dépense avec l’argent des contribuables. Trois exemples dans l’actualité. Tout d’abord le rachat du belvédère de la Chambotte. Qui devrait se solder par une dépense globale de l’ordre de 3 M€. Au lieu des 2,2 M€ prévus initialement, et qui étaient déjà très conséquents. Dans ce dossier, les dirigeants de la CALB n’ont pas hésité à faire peser une charge supplémentaire de 800 000 euros sur les contribuables de l’agglomération. Deuxième exemple, le nouveau port à barques du Tillet. Là encore, l’argent coule à flot des porte-monnaie des contribuables. D’environ 5 M€ au début, le budget du chantier a aujourd’hui grimpé aux alentours de 7 M€. Soit 2 millions d’euros en plus ! Troisième exemple, la rénovation du centre nautique. Quand ce dernier était encore municipal, le montant du chantier avait été évalué à 2 M€ par la ville d’Aix-les-Bains. Mais depuis son transfert à la CALB, le budget a explosé. Il flirte désormais avec les 8 M€ !
A l’évidence, quand il s’agit de faire des dépenses de « prestige », les responsables de la CALB ne s’inquiètent guère de l’effet sur les finances des contribuables. Et n’hésitent pas à lâcher des millions supplémentaires comme s’ils les trouvaient sous le sabot d’un cheval. Mais quand il est question de rallonger le budget transports et déplacements de 150 000 euros, là c’est impossible. Pour mémoire, 150 000 euros, cela représente moins de 0,5% du budget annuel de la CALB. Les fortes hausses des tarifs des transports en septembre ne sont donc pas un choix économique ni financier. Mais un choix purement politique. Qui permet à son président de continuer à faire croire qu’il n’augmente pas les impôts.
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